vacherie

vacherie [ vaʃri ] n. f.
• 1336; vacerie « troupeau de vaches » 1160; de vache
I(1336 ) Étable à vaches. « Des vacheries, des prés verts, des étangs, des ruisseaux » (Le Clézio). IIFig. et fam.
1(1867) Vx Veulerie. « Nous périssons par l'indulgence, par la clémence, par la vacherie » (Flaubert).
2(1885) Mod. Parole, action méchante. méchanceté. Dire des vacheries. Faire une vacherie à qqn (cf. Jouer un tour de cochon). Chose désagréable, pénible, injuste. saloperie. Quelle vacherie de temps !
Caractère vache (4 o), méchant. La vacherie d'une critique. « Les hommes sont de plus en plus vaches. Ils s'excitent eux-mêmes au contact de leur propre vacherie » (Mac Orlan).
⊗ CONTR. Gentillesse.

vacherie nom féminin Populaire Caractère sévère de quelqu'un qui se comporte de manière très dure : Les examinateurs ont été d'une grande vacherie. Parole, action méchante ; saloperie : Je ne lui parle plus, il m'a fait une vacherie. Événement pénible et injuste : Ce retard du train est une vacherie. Ensemble des vaches d'une exploitation agricole. ● vacherie (synonymes) nom féminin Populaire Parole, action méchante ; saloperie
Synonymes :
- crasse (familier)
- entourloupe (familier)
- entourloupette (familier)
- saleté (familier)
- saloperie (populaire)

vacherie
n. f.
rI./r Fam.
d1./d Action, parole méchante, sournoise. Faire, dire des vacheries à qqn.
d2./d Caractère d'une personne, d'une action vache.
rII./r (France rég.) étable à vaches; endroit où l'on trait les vaches.

⇒VACHERIE, subst. fém.
A. — AGRICULTURE
1. Partie d'une ferme réservée à l'élevage et à la traite des vaches. Synon. étable. Il traversa la vacherie, enrageant de trouver les trente vaches en bon état, l'allée centrale lavée, les auges propres (ZOLA, Terre, 1887, p. 99). Il est indispensable (...) de moderniser les fermes et leurs vacheries, de les pourvoir d'eau potable et d'électricité, de machines à traire et d'installations frigorifiques (BRUNERIE, Industr. alim., 1949, p. 63).
P. méton., vieilli. Ensemble des vaches, du gros bétail d'une exploitation. [Caroline] apportait sa belle humeur, sa santé, le courage de se lever tôt, de mener la basse-cour, la vacherie (ZOLA, Fécondité, 1899, p. 642).
2. Vx. [Dans une agglomération] Lieu où l'on tire le lait des vaches et où l'on vend du lait. Ah! de la vraie crème, un petit pot que j'ai vu traire moi-même à la vacherie que nous avons dans le marché des Enfants-Rouges (BALZAC, Ferragus, 1833, p. 113). Il y a quarante ans Paris et sa banlieue possédaient un grand nombre de vacheries (POURIAU, Laiterie, 1895, p. 119).
B. — Pop., fam.
1. a) Caractère méchant, agressif d'une personne. Elle a joint à sa lettre une coupure de journal, un écho sur Bichat (...) qui est d'une vacherie incroyable (ABELLIO, Pacifiques, 1946, p. 287).
b) Acte, parole traduisant la méchanceté, l'agressivité, la perfidie sournoise. Je sais qu'il m'écoute. Il sait qu'il n'a pas besoin de répondre, à moins de vouloir dire une vacherie (GIONO, Gds chemins, 1951, p. 214).
Faire une/des vacherie(s) à qqn. Jouer un mauvais tour à quelqu'un. Synon. jouer un tour de cochon. Si tu étais malade, si tu me faisais des vacheries, je serais (...) hors de moi (BEAUVOIR, Invitée, 1943, p. 168). Une sacrée « contrecarre » que ç'avait été, dont personne n'était sorti vainqueur malgré tous les tours, toutes les vacheries que s'étaient fait les deux concurrents (VIALAR, Zingari, 1959, p. 18).
c) Vacherie de + subst.
— Personne méchante, désagréable. Tu as vu tout à l'heure cette vacherie de Levelan le boniment qu'elle m'a envoyé! (AYMÉ, Mais. basse, 1934, p. 187).
— Chose désagréable, pénible. Synon. saleté. Quelle vacherie de temps! Quelle vacherie de pluie! Cette vacherie de vent nous empêche d'avancer (Lar. Lang. fr.).
2. [Désigne une chose] Denrée, marchandise, matériau de mauvaise qualité. Synon. saleté, saloperie (pop.). C'est de la vacherie; quelle vacherie! « Ça s'ra bon! », mais ça va être encore de la vacherie qu'il va falloir que tu t'enfonces dans la lampe (BARBUSSE, Feu, 1916, p. 26).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1205 « troupeau de vaches » (Guillaume de Palerne, éd. H. Michelant, 671: Et comme en la forest gardoit La vacherie a un preudome); mil. XIIIe s. [ms. C] (Roman de Thèbes, éd. Constans, 8634; éd. Raynaud de Lage, 8193: bercheries) — 1675, J.-H. WIDERHOLD, Nouveau dict. français-allemand d'apr. FEW t. 14, p. 101a; 2. 1336 « étables à vaches » (texte ds VARIN, Archives administr. de la ville de Reims, t. II, 2e part., p. 749); 3. 1549 vaquerie « lieu où se fait la traite et la vente du lait » (Journal du Sire de Gouberville, p. 55 ds POPPE, p. 116); 1690 vacherie (FUR.). B. 1. 1867 « nonchalance, avachissement » (DELVAU, p. 493); 2. 1872, juin « manière d'agir entièrement animale (c'est-à-dire dépourvue de la raison et de la volonté qui caractérise l'homme) » (BACHAUMONT ds Le Constitutionnel, cité par LARCH., p. 232; v. R. ARVEILLER ds R. Ling. rom. t. 38, pp. 18-19); 3. 1885 faire des vacheries « commettre des méchancetés » (d'apr. CHAUTARD, p. 190); 1894 (VIRMAITRE, Dict. arg. fin-de-s., p. 304: vacheries: saletés faites à quelqu'un). Dér. de vache; suff. -erie. Fréq. abs. littér.:58.

vacherie [vaʃʀi] n. f.
ÉTYM. 1336; vacerie « troupeau de vaches », 1160; de vache.
———
I Vx ou régional. Étable à vaches (→ Habitation, cit. 3).
0.1 Des routes, des églises, avec des villages autour, des noms de lieux, Marie, Saint-Delmas-le-Selvage, les Baux. Des vacheries, des prés verts, des étangs, des ruisseaux habités par les poissons.
J.-M. G. Le Clézio, la Fièvre, 1965, p. 189.
———
II Fig., fam.
1 (1867). Vx. Veulerie. || « Nous périssons par l'indulgence, par la clémence, par la vacherie… » (Flaubert, Correspondance, 1264, 28 janv. 1872).
2 (1885, Chautard). Mod. a (Une, des vacheries). Parole, action méchante. Méchanceté. || Dire, faire des vacheries.
0.2 Les autres personnages, à peine plus heureux, étaient prédestinés qui retrouvaient parfois quelque liberté pour prononcer un mot à l'emporte-pièce ou faire une vacherie à un vieil ami.
M. Aymé, Travelingue, 1941, p. 92.
0.3 Je le dirai que j'ai été infect avec toi et aussi que j'ai passé mon temps à dire des vacheries sur ton compte.
M. Aymé, le Vin de Paris, « La bonne peinture », p. 221.
1 — (…) Des coups de trique seulement, des misères, des bobards et puis des vacheries encore.
Céline, Voyage au bout de la nuit, p. 15.
Vacherie de (et un nom) : personne, chose désagréable, pénible, injuste. Saloperie. || Quelle vacherie de temps
1.1 — Tu as vu tout à l'heure cette vacherie de Levélan le boniment qu'elle m'a envoyé ?
M. Aymé, Maison basse, p. 187.
Interj. || Ah ! vacherie ! Saloperie.
b (La vacherie de…). Caractère vache (II., 3.), méchant. || La vacherie d'une critique. || Il est d'une vacherie !
2 Ce que je sais, c'est que les hommes sont de plus en plus vaches. Ils s'excitent eux-mêmes au contact de leur propre vacherie.
P. Mac Orlan, Quai des Brumes, V.
3 Situation pénible (due à la « vacherie » de la vie, du destin…).
3 (…) les véritables rapports sympathiques, la cruauté les engendre, et la haine. On admirait la vacherie de Querelle, que l'on haïssait.
Jean Genet, Querelle de Brest, p. 259.
4 (…) je suis en pleine vacherie et c'est pas aujourd'hui qu'il faut venir me casser les pieds.
A. Sarrazin, la Cavale, p. 245.
CONTR. Gentillesse.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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